Au coeur du Jura | Jura sud | Sommaire

Circuit de découverte de la région de Champagnole.
Au sud du Jura
A réaliser en voiture ou à vélo, sur un ou plusieurs jours.

   

En
viron 300 km au départ de Champagnole, par :
Lac de Chalain
Clairvaux les Lacs
Orgelet
Gigny
Saint-Julien
Arinthod
Lac de Vouglans
Moirans en Montagne
Villards d'Héria
Saint-Claude
Les Rousses
Morez
Cascades du Hérisson
Casacade la Billaude
Syam
Pertes de l'Ain
Source de l'Ain
Nozeroy
et retour à Champagnole

Lacs, cascades, sommets, les amoureux de la nature, les passionnés de randonnées pédestres
ou de ski de fond suivront ce long circuit avec bonheur et pourront s'arrêter,
ici pour rendre visite à un artisan au travail, là pour contempler une belle église romane.
Cartes IGN Chaîne du Jura 1/50 000 n° 33 et 34

Le départ s'effectue de Champagnole. Après une flânerie à travers la ville, on emprunte d'emblée la route menant à Doucier et au Lac de Chalain qui, avec ses 232



hectares, est le plus grand lac naturel du département et le plus profond de Franche-Comté (45 m). Sa rive occidentale, basse et marécageuse, est classée Monument historique depuis 1911. C'est qu'ont été découverts là d'importants vestiges de cités lacustres, sur près de deux kilomètres de long, à la faveur d'une baisse de niveau des eaux, ainsi que du matériel et quatre pirogues, dont une est exposée au Musée archéologique de Lons-le-Saunier. Mais ce n'est pas pour ces palafittes de l'âge de la pierre polie, invisibles, que les vacanciers s'y précipitent en masse durant l'été. Le site, splendide, les loisirs nombreux (baignades, canotage, pêche y sont très prisés).

On se dirige par la suite vers Clairvaux-les-Lacs en passant par le petit village de Charcier dominé par le clocher-porche de son église toute couverte de laves. Sur le plan touristique, la bourgade de Clairvaux est surtout intéressante pour sa situation, divers incendies historiques ayant détruit la ville, château fort compris. Aussi quelques ruines de remparts, une tour de l'ancien château ne suffiraient pas à retenir l'attention s'il n'y avait aussi l'église Saint-Nithier, reconstruite, mais possèdant de belles stalles du XVIe siècle provenant de l'abbaye de Baume-les-Messieurs, et de splendides toiles de maîtres du XVIIIe.
Le lac de Clairvaux, bien aménagé pour les loisirs aquatiques, est un pôle d'attraction touristique d'été. Ses eaux avaient déjà attiré les hommes du néolithique, si l'on en croit les vestiges d'habitat sur pilotis, occupé pendant près d'un millénaire, de l'âge de la pierre polie à l'âge du bronze. Ce sont les premiers découverts en France, à la fin du XIXe siècle, lors d'une baisse des eaux. La richesse des trouvailles est telle que l'on a donné le nom de Clairvaux à une civilisation du néolithique. Hélas, pour l'amateur, rien n'est visible sur place, mais une grande partie du matériel est exposé au musée archéologique de Lons-le-Saunier.

On reprend le parcours par Pont-de-Poitte, ses plages, ses barques et ses pêcheurs : ne pas manquer, sur le pont franchissant l'Ain, le beau panorama sur la rivière et vers le lac de Vouglans.

Et l'on gagne Orgelet, en Petite Montagne, premier plateau jurassien vallonné. Le donjon de la ville découvre une vue étendue sur la Valouse et la plaine du Vernois. Par temps clair, on aperçoit même le Mont-Blanc. Deux tours médiévales, des rues sinueuses où l'on découvre quelques hôtels particuliers intéressants et surtout l'admirable église Notre-Dame aux imposantes proportions dignes d'un cathédrale (avec ses immenses tribunes et ses magnifiques orgues datant du XVIIe siècle, aujourd'hui restaurées) combleront les passionnés d'architecture.

Par Moutonne et Rothonay, on rejoint Loisia, dans le val de Suran, bien représentatif d'un village de Petite Montagne, avant d'aborder Gigny. Ce village de caractère est une des plus vieilles implantations humaines de la région, comme l'on prouvé les fouilles entreprises dans une grotte naturelle de la falaise affouillée par le Suran, et datant le matériel le plus ancien du moustérien. Mais c'est son passé religieux qui a fait de Gigny une cité historique. Sa fondation remonte en effet au IXe siècle, quand un abbé de Baume-les-Messieurs, Bernon, vint ici installer, dans un site sauvage, un monastère bénédictin, le premier à ne relever que de l'autorité pontificale. Vingt ans plus tard, ayant expérimenté les avantages de cet original statut, l'abbé partit fonder, en Bourgogne, une nouvelle abbaye qui devint la plus vaste du monde chrétien, « Cluny », avant d'essaimer ses prieurés dans tout l'occident. C'est dire si Gigny compte dans l'histoire monastique française! Que nous en reste-t-il aujourd'hui ? Pas grand chose, sinon l'ancienne église abbatiale devenue paroissiale, et fortement retouchée au cours des siècles. Ses dimensions, disproportionnées par rapport à la taille du village, rappellent son prestigieux passé. Si le choeur semble contemporain de la fondation, la nef date vraisemblablement du XIe siècle, le portail du XVe, orné des armes du pape Jules II, qui fut prieur de Gigny et qui fit restaurer l'église en 1495, et le clocher octogonal du XVIIe. Mais le tout est d'une sobriété exemplaire et d'une imposante grandeur, bel écrin pour les reliques de saint Taurin qui y reposent depuis le Xe siècle.

On poursuit le voyage vers Saint-Julien, bourg perché remarquable pour son église renfermant de somptueuses verrières.

Puis, après une quinzaine de kilomètres au long d'une belle route ombragée et sinueuse, c'est l'arrivée à Arinthod. La bourgade est charmante avec ses arcades et sa fontaine sculptée du XVIIIe siècle.

L'étape suivante, Saint-Hymetière, réserve une surprise de taille, son église. Encore une, mais quelle splendeur ! Sans doute la plus belle église romane de Franche-Comté. A l'écart du village, entourée d'un cimetière, avec son clocher octogonal placé à la croisée du transept, sommé d'un dôme comtois, lui-même coiffé d'un petit lanternon, son abside en cul-de-four et ses bandes lombardes, elle est d'une rare élégance.

On reprend par Arinthod où l'on oblique vers le Lac de Vouglans par une agréable petite route (la D.3) en poursuivant vers Onoz (et un peu plus loin le minuscule et plaisant lac du même nom) puis vers le pont de la Pyle. Çà et là, de belles échappées à travers les forêts vers les lacs, les sommets jurassiens, rendent le parcours pittoresque. Le pont, ouvrage contemporain en béton, est loin d'être esthétique, mais offre un large point de vue sur le lac de retenue qui, en 1968, a englouti plusieurs villages et l'Abbaye de Vaucluse. Au delà, sur l'autre rive, on se dirige vers Maisod. On jouira de beaux coups d'oeil sur le lac et le barrage au long d'une route ombragée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On passe ensuite à Moirans-en-Montagne, au centre d'une région de grosses industries du jouet. Un musée du jouet, quoi de plus normal, y relate l'évolution des techniques de fabrication, des paysans tourneurs de bois d'autrefois aux matières plastiques d'aujourd'hui, et une remarquable collection de jouets des XIXe et XXe siècles.

A proximité, Villards-d'Héria vaut pour son site gallo-romain unique, sur une centaine de mètres de long, que l'on peut visiter en été. C'était un sanctuaire dédié à Mars et Bellone, dont on a dégagé de nombreuses substructions.

La suite du périple nous mène tout naturellement à Saint-Claude, internationalement connue comme capitale de la pipe. Pas de grandioses monuments dans cette cité, incendiée à bien des reprises, sinon sa cathédrale qui renferme un chef-d'oeuvre d'ébénisterie, des stalles exécutées au XVe siècle par Jehan de Vitry. Là encore, le feu si néfaste à Saint-Claude a sévit. En une nuit de 1983, la moitié de ces stalles, celles du côté nord, ont été réduites en cendres. Par un simple mégot semble-t-il. Quelle perte !
On ne saurait quitter la ville sans visiter un atelier de pipier et, le musée de la Pipe et du Diamant (autre spécialité sainclaudienne). Il est à la gloire de ces tourneurs de bois jurassiens qui, depuis le XVIIIe siècle, ébauchent, tournent et sculptent dans la racine de bruyère des pipes pour le monde entier.
On sort de la ville par la D.436 pour passer devant une curiosité géologique célèbre, le fameux pli du Chapeau de gendarme. Une belle leçon de géographie. On s'engage alors par Septmoncel vers Lamoura, à l'entrée d'un vaste domaine skiable (ski de fond essentiellement), et l'on poursuit par une belle route forestière vers Longchaumois, agréable village blotti dans un beau paysage de montagne. On grimpe alors doucement en direction de Morez pour prendre à droite par la D.25 et se diriger vers le belvédère des Maquisards au beau panorama, puis vers Prémanon et la Cure. Les paysages y sont splendides.

Et l'on arrive aux Rousses, station de sports d’hiver et bon point de départ pour des randonnées vers le lac des Rousses et Bois d'amont. Les amateurs de balades en forêt, de grimpées faciles seront à leur affaire.

La route est belle qui rejoint Morez, bien connue pour ses lunettes depuis la fin du XVIIIe siècle. Son site de cluse, en fond de vallée de la Bienne, la Combe Noire, est impressionnant. Dans le paysage urbain, ce sont les viaducs qui dominent, enjambant les obstacles. La lunetterie, l'horlogerie et le morbier, un goûteux fromage marqué au coeur de la pâte d'une fine ligne noire (suie du chaudron autrefois, noir végétal de nos jours) sont les principaux attraits de la cité. Les porteurs de lunettes (et les autres) n'oublieront pas de jeter un coup d'oeil au musée de la lunetterie, très instructif.

Les amateurs de belles horloges comtoises s'arrêteront à Morbier où elles sont encore fabriquées, et qui leur a donné son nom. Les "morbiers" sont toujours aussi réputées.
Continuer en direction de Saint-Laurent-en-Grandvaux.

La halte suivante, aux cascades du Hérisson, ne sera pas de tout repos. Qu'on les aborde par l'amont à Ilay, en milieu de parcours par Bonlieu, ou en aval par Val-Dessous (au départ de Doucier), il faudra de toute façon grimper si l'on veut voir toutes les cascades. Mais la promenade est merveilleuse.


On repart vers d'autres beautés naturelles, cascade de la Billaude, Perte de l'Ain que l'on atteint par Syam puis
Bourg-de-Sirod, lasource de l'Ain enfin, en joignant le village de Conte puis en suivant un chemin particulièrement bien balisé. La source constitue une résurgence, ce qui explique l'irrégularité de son débit d'une année à l'autre, en fonction de l'importance des précipitations.



Un arrêt à Syam entrecoupera cette petite remontée de l'Ain, pour une passionnante visite des forges de Syam et leur laminoir de 1903 encore utilisé. Car les forges fonctionnent toujours, et c'est ce qui en fait tout l'intérêt. On peut aussi s'arrêter à la maison du maître de forge, toute proche, dans un parc classé, villa construite sur le modèle de la villa Capra édifiée par Palladio à Vicence. Architecture palladienne donc, peintures en trompe-l'oeil, somptueux papiers peints, mobilier Restauration, voilà un dépaysement garanti.

Des sources de l'Ain on passera à Nozeroy, splendide village perché sur une butte, aux belles maisons de calcaire ocre de Vuillecin. Il faut déambuler à pied dans la cité, du vieux château-fort ruiné à la porte de Nods percée dans les remparts et à la porte de l'Horloge, de la place Henri IV à celle des Annonciades, en admirant au passage sculptures, fontaine, ferronneries, et pénétrer dans l'église pour sa statuaire et ses stalles du XVe siècle.
On abandonnera à regret ce bourg, qui vit passer Louis XI et Charles le Téméraire, pour regagner Champagnole. De quoi clore ce circuit en beauté.

Nous vous souhaitons une agréable promenade...


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